Crédits photo : Salamech
FresqueHAPPY20 2018/05 - Quai du MAMCS

Oeuvre réalisée par Pro176, Salamech et Jaek dans le cadre du weekend inaugural des 20 ans du MAMCS, du vernissage de FAILE et en partenariat avec le OFF du NL Contest.

Oeuvre financée par le NL Contest by Caisse d'Epargne, Socomec, la Ville de Strasbourg, la CTS, l'Olca et la Stradim.

Pro176 : 

PRO176 naît le 29 juillet 1976 à Paris, et grandit à Choisy-le-Roi, petite ville de la banlieue sud parisienne. Ses parents, sont pour l’un assureur, et mère au foyer pour l’autre, rien dans l’environnement familial ne le prédestine vraiment à une carrière artistique. Pourtant dès l’âge de 5 ans, il commence le dessin en autodidacte, en recopiant les personnages de Jack Kirby, célèbre dessinateur américain de comic-book.

Les bandes dessinées d’Outre-Atlantique, que sa maman lui achetait à l’époque, seront ses premières lectures et l’influenceront pour toujours. Il continue le dessin, par ennui un peu aussi, trop peu de loisirs en banlieue, pas toujours les moyens financiers de rejoindre Paris, » là où tout se passait », la violence du quartier et les horizons bouchés n’étaient pas qu’un mythe. En 1986, la perte tragique de son père, dont il était proche marquera son enfance et son travail en sera forcément influencé plus tard.
C’est en observant un jour, la technique des 2 graffiti-artistes Mode2 et Colt, alors à l’affiche du festival « 89 jeunes pour l’égalité » en 1989, que le jeune Pro a la révélation et décide de dédier sa vie à la peinture.

En 1991, il vole son 1er classique, c’est le SprayCan Art (le Sacro-saint livre du graffiti), désormais « contaminé », la krylon lui coule définitivement dans les veines. Travailler les lettres et le style pour le montrer au maximum deviennent la priorité, l’école est vite remplacée par les rendez-vous pour aller s’exercer sur les murs et tous les autres supports visibles possibles. L’enseignement artistique académique lui est refusé, pour « cause de mauvaises notes générales ».

En 1996, il rejoint les rangs de l’infâme et célèbre Grim-Team. L’année suivante, repabtisé « PRO 176″ il participe à la fondation du groupe UltraBoys International. Avec Gold Jaba, Sozyone, Kool Func 88, Byz, Shake et Kool Recto, ils revendiquent une nouvelle forme de graffiti, une esthétique imprégnée toujours de Marvels, de mathématiques abstraites futuristes, du constructivisme alphabètique et du cubisme Picassonic facial, brutalement raffiné. Une sorte d’Avant-Garde Pure Graffiti, ignorant toute autre vision du graffiti, supposée inutile.

C’est en 2010 qu’il intégrera le groupe des RTZ (Return To Zero), basé à Berlin en Allemagne, autres révolutionnaires de la lettre futuriste en Europe.

La musique, le rap essentiellement, est une autre influence majeure de sa vie et le portera de 1992 à 2010, à collaborer sur de nombreux projets avec différents artistes, à produire 3 albums (Le Cri des briques, Vocabulaire Granit, et Galactick), et sur scène, avec plus de 500 dates de concerts en France et à l’international, dont 2 dates dans le mythique Olympia.

Il se revendique d’un style inspiré de l’univers de Kirby, dont l’éternelle quête philosophique du bien contre le mal se joue sur fond d’univers aux étoiles et galaxies infinies, peuplés de super-héros ou super-villains, « après tout l’univers est vaste tout comme les créatures qui doivent l’habiter ». De grosses machines futuristes et autres vaisseaux tout droit sortis d’un film de science-fiction, dont il s’est largement nourri depuis l’enfance, en vrai passionné du 7è Art, apparaissent souvent dans le décor, ses lettres sont travaillées à l’extrême et s’imbriquent toujours parfaitement dans cet univers astralo-galactique, où les traits anatomiques en évidence de ses personnages se mêlent à la palette de couleurs vives, souvent représentée dans son travail.

Plus récemment, sont apparues de grosses figures abstraites colorées et détourées de noir telle une bulle de bd, où un oeil ou plusieurs semblent vous observer. « L’oeil qui voit…tout mais qui peut aussi nous tromper » sur le sens caché des choses, leur signification réelle, tout est affaire d’interprétation.. Quand il rencontre SEEN en 2009, il est à la recherche d’un atelier pour pouvoir peindre ailleurs que sur la « porte d’entrée de chez moi ». Le contact se fait naturellement avec le « Godfather of graffiti », une collaboration avec le Seen Studios voit rapidement le jour, le hasard veut que plus jeune, il ait été influencé par le chapitre de ce dernier, dans SprayCan Art et 20 ans plus tard, ils travaillent côte à côte. A ses côtés, il apprendra le maniement du pinceau et l’utilisation de l’acrylique, son travail bénéficiera d’un rendu encore plus abouti grâce à cette nouvelle technique.

Depuis 2017, il est représenté par la Galerie Géraldine Zberro à Paris et depuis 2014 à la galerie DAVID PLUSKWA à Marseille.

JAEK EL DIABLO : 

Sa mixture pop des 40 dernières années lui permet de déverser son flot de designs toxiques, d’illustrations (vectorielles ou peintes), de travaux typographiques(logotypes ou de lettrages graffiti) ainsi que des films d’animation ou des objets customs dans la continuité de sa démarche graffiti. Un melting-pot de signes anti-conformistes et de second degré. Dans ses patchworks de styles, de messages et d’idées, Jaek restitue des ensembles où cohérence et esthétique priment. Aussi bien sur les murs, dans sa ligne de vêtements « Vicius Clothing & Attitude », dans ses travaux infographiques (illustrations et animations) que dans ses créations publicitaires, on retrouve son style reconnaissable entre mille.

SALAMECH : 
"L'essentiel est invisible"
Zoom sur le regard d'Antoine de St Exupéry, auteur de cette phrase qui fait un pied de nez au monde du visible, sur le mur d'enceinte du Musée d'Art Moderne de Strasbourg.

BIO : 
Bercé par les cultures urbaines et nourri d’une pratique de graffiti intensive,
Salamech propose un univers qui prend vie au gré de l’énergie citadine.
Spécialiste de la rue, il pose un regard attentif et décalé sur son environnement.
Il puise son inspiration dans le quotidien et confronte son ressenti à un imaginaire collectif et nostalgique.
Affiches lacérées, rideaux métalliques, panneaux d’affichage publicitaire, l’utilisation de supports inattendus est au cœur de sa création.
Il transforme cette matière urbaine en œuvres où il manipule textes, lettrages et iconographies populaires contemporaines.
Entre mots et matériaux, couleurs et superpositions, l’artiste nous plonge dans un dialogue où signes et empreintes de la ville se mêlent à une poésie de l’instant.

 

1 Place Hans-Jean-Arp, 67000 Strasbourg, France Itinéraire

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