Le 23 aot 2018

MAUSA Vauban : Un musée dédié à l'Art Urbain et au Street Art débarque dans le Haut-Rhin

Alors qu’il y a un an, le Musée des Arts urbains et du Street Art (MAUSA) était inauguré dans le Jura – plus précisément dans les Forges de Baudin à Toulouse-le-Château –, c’est en Alsace, dans l’enceinte de la citadelle Vauban de Neuf-Brisach (Haut-Rhin), que le MAUSA a décidé de s’étendre pour créer un nouveau lieu dédié au street art.

Depuis le 7 juillet 2018, la crème des street artistes sont exposés dans le musée de ce petit village de 1938 âmes classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Au frais à l’intérieur des remparts de la citadelle Vauban , et sur les murs du MAUSA Vauban, ce ne sont pas moins de 1200 m2 qu’ont investi des artistes de renommée internationale.

Au programme, venez découvrir le portrait de Vauban réalisé par le pochoiriste des grands hommes du Panthéon C215, les fresques de Seth le globe-painter, les grands corps blancs de Jérôme Mesnager, l’enfant de Colmar, les installations immersives de Denis Meyers et Levalet, le Lascaux du graffeur de métro Nasty, la Marilyn Monroe de Pure Evil, les photographies XXL de Joseph Ford et la chapelle de Guy Denning.

Plus d'infos : mausa.fr/mausavauban

Musée des arts urbains et du Street Art
1 place de la porte de Belfort
68600 Neuf-Brisach
Ouvert du mardi au dimanche de 9h00 à 19h00

Tarifs :
10€ / Réduit 8€ / Groupe 7€ / gratuit -10 ans

Les artistes : 

C215 :
C215, appellation mystérieuse pouvant aussi bien faire référence à une couleur pantone qu’à une formule chimique. Mais derrière ce nom de code se cache en fait un des acteurs du street art les plus influents en France. Christian Guémy, alias C215, né en France en 1973.

Seth : 
Né à Paris, en 1972, Julien Malland commence à peindre sur les murs du XXéme arrondissement de Paris sous le nom de Seth au milieu des années 90. Il se fait connaître dans le mouvement graffiti parisien en se spécialisant dans la réalisation de personnages.
En 2000, diplômé de l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs, il publie avec Gautier Bischoff le livre Kapital, qui reste jusqu’à aujourd’hui plus gros succès sur le graffiti français. Ils créent ensemble la collection de monographies d’artistes urbains, Wasted Talent.
À partir de 2003, il commence à parcourir le monde dans l’intention d’échanger avec des artistes urbains issus de cultures différentes, et s’ouvre ainsi à de nouvelles ma­nières de vivre et de pratiquer la création dans l’espace public. Il commence dès lors à représenter des personnages simples, souvent enfantins, connectés d’une façon ou d’une autre aux environnements chaotiques dans lesquels ils sont peints. Témoin des conséquences de la globalisation, il célèbre dans ces créations les traditions et créé ainsi une hybridité culturelle entre technique d’expression moderne et représentation traditionnelle.
Qu’il s’agisse de collaboration avec des artistes urbains locaux ou qu’il apprenne des techniques traditionnelles auprès d’artisans, son approche a pour but de susciter un dialogue artistique.
Seth est également présentateur, auteur et réalisateur de documentaires de la série «Les nouveaux explorateurs» diffusé en France sur Canal+. Il a retracé ces deux dernières années de voyages dans un livre, Extramuros.

Guy Denning : 
Guy Denning est né en 1965 à Bristol et a commencé à peindre à l’huile à l’âge de 11 ans. On lui a refusé à maintes reprises, l’inscription aux Ecoles des Beaux Arts dans le courant des années 80, aussi a-t-il appris des aspects techniques de la peinture à travers ses rencontres et ses conversations avec des peintres plus âgés que lui, dont il a croisé le chemin dans le Somerset. De plus il a étudié l’Histoire de l’Art et il a obtenu un diplôme de The Open University. Il a eu des professions diverses à partir de l’âge de vingt ans, pour subvenir aux besoins de sa famille, tout en continuant la peinture. En 2007, il s’est installé en France, en Bretagne où il se consacre entièrement à la peinture.

Levalet : 
Charles Leval, dit Levalet, est né en 1988 à Epinal. Il grandit en Guadeloupe, région où il entre au contact de la culture urbaine, puis des arts plastiques. Il poursuit ses études d’arts visuels à Strasbourg ; son travail, alors davantage tourné vers la vidéo, se nourrit d’une pratique théâtrale assidue. Il obtient l’agrégation en 2012, année où son travail commence à prendre place dans les rues de Paris. Il a depuis participé à de nombreuses expositions dont plusieurs Solo shows, et participé à quelques rencontres internationales.
L’œuvre de Levalet est avant tout un travail de dessin et d’installation. Il met en scène ses personnages dessinés à l’encre de chine dans l’espace public, dans un jeu de dialogue visuel et sémantique avec l’environnement présent. Les personnages interagissent avec l’architecture et se déploient dans des situations frôlant souvent l’absurde.

Denis Meyers : 
Denis Meyers, né en 1979 à Tournai, vit et travaille à Bruxelles. Artiste urbain et multiple, il est connu pour ses fresques ou pour ses stickers en forme de visage (il les appelle ses “perso”), imprimés et découpés à la main puis disséminés dans toute la ville ou ailleurs. Il se revendique typographe, une formation qu’il a suivie à l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre mais qu’il tient aussi de son grand-père, Lucien De Roeck (1915-2002) qui a entre autres créé l’emblème et l’affiche de l’Expo Universelle de 1958. C’est avec lui qu’il a commencé à écrire et dessiner tous les jours.
Denis Meyers signe une collection de sweats et T-shirs pour la collection printemps-été 2016 de la marque belge Bellerose. Auparavant, il a aussi collaboré à des projets caritatifs (Plate-Forme Prévention Sida, Make-A-Wish, …) et peint sur de nombreux supports : planches de skate, cadres de vélo, verres à bière pour Duvel ou encore live painting lors d’événements phares.

Pure Evil : 

Bien qu’il ait adopté un nom d’artiste des plus cyniques, et qu’il produise des oeuvres aussi acerbes que noires, Pure Evil se définit lui-même comme étant à l’opposé de son pseudonyme. Hanté par la face sombre de l’être humain et du monde contemporain, l’artiste a tiré son nom des vieux démons qui l’habitent.
Charles Edwards (son vrai nom) est né en 1968 au Pays de Galle et a d’abord cherché à ne pas devenir artiste au sens classique du terme. Il étudie le graphisme et la mode à Londres, avant de s’envoler pour la côté ouest des États-Unis où il officie comme designer pour la compagnie de street-wear « Anarchic adjustement ». Il deviendra ensuite DJ à San Francisco, période à laquelle il commence aussi à peindre d’étranges lapins vampires. Loin d’exprimer un goût pour le morbide, il manifeste à travers ce lapin toute sa culpabilité, et la difficulté qu’il y a eu à surmonter un épisode de sa jeunesse. L’origine de ce motif est un peu tragique; Durant son enfance, Charles se rend à la chasse avec ses cousins, et fais la rencontre d’un petit lapin qu’il tue sans vraiment le vouloir. Traumatisé par cet épisode, c’est de ce mammifère qu’il s’inspire pour les premières ébauches de ses tags californiens. Avec leurs crocs, et leurs couleurs vivaces, ces drôles de lapins marquent la naissance de Pure Evil.
L’artiste ne se limite pour autant pas qu’à ce motif pour ces œuvres. Très influencé par les maîtres que sont Basquiat ou Andy Warhol, il considère le street art comme l’héritier direct du Pop Art, dont il s’inspire pour créer ses séries de portraits. Pure Evil trouve son inspiration dans les films d’horreur, et aime que l’on aille au-delà de la couleur apparente pour trouver la noirceur. Passé maître dans l’utilisation de la bombe, du pastel, de la peinture phosphorescente ou encore du néon, l’artiste est un véritable touche à tout, mais se fait un devoir de continuer à produire dans la rue. Pure Evil est aujourd’hui une marque globale. Il vit actuellement à Londres où il a ouvert sa propre galerie d’art, consacrée à l’art urbain.

Nasty :
Nasty est un véritable artiste urbain, un produit de sa ville. Il a recouvert tous les supports possibles de Paris, des sous-sols du métro aux toits des immeubles.
Quand les galeries l’ont « sorti » de la rue, il a voulu en garder un morceau. Trop attaché aux origines du graffiti et désireux de se distinguer dans un milieu encore méfiant du mouvement qu’on appelle aujourd’hui Street Art, il s‘empare des plaques émaillées du métro et les utilise comme des toiles. Pari réussi, les plaques RATP deviendront sa marque de fabrique. Puis il peint sur les plans du métro, eux aussi symboles du graffiti, et en 2009 il réussit encore à créer l’enthousiasme en utilisant comme support la céramique originale des couloirs du métro.
Aujourd’hui, il continue de contribuer à ce mouvement si controversé en exploitant le symbole des street artists par excellence : la bombe aérosol. Des centaines de reliques «vintage» qu’il a gardées, accumulées, préservées et sauvées de l’oubli depuis plus de 25 ans. Autant de carcasses vides qu’il détourne à nouveau pour en faire un matériau original et surprenant.
C’est cet acharnement à toujours refuser les supports traditionnels qui font de Nasty un artiste original et inattendu, mais quoi de surprenant venant d’un activiste qui ne sort pas des beaux-arts. Sa démarche est peut-être la réponse à tous ceux qui pensaient que le graffiti appartenait à la rue et n’avait pas sa place sur les cimaises des musées ou des galeries.
C‘est aussi sa démarche de garder à l‘esprit et mettre en avant le fait que le street art (dont tout le monde se revendique) doit tout au graffiti si longtemps resté dans l‘ombre, supportant la critique et exécuté sans aucune attente de reconnaissance (ou alors toute relative) ni démarche pécuniaire.
Nasty a offert son art à la ville et au petit nombre d‘amateurs qui prenaient la peine d’escalader un mur ou de glisser un œil entre deux palissades de chantier il y a plus de 25 ans. Avec ses dernières expositions en 2016, il montre à nouveau son attachement au graffiti plus qu’au street art.
Figure incontournable du street art depuis 1988, il s‘est distingué en recouvrant les rames de métro de fresques colorées jusqu’au milieu des années 90. De nombreuses institutions ont mis son travail en avant comme le Grand Palais ou le Musée en Herbe.
Son parcours a été retracé dans un livre édité aux éditions Alternatives : «Nasty & Slice, artistes en cavale», et en 2009 la chaîne Arte lui a consacré un reportage de 26 minutes dans « l’Art et la Manière ».

Joseph Ford - Le Chat : 
Joseph Ford est né à Londres en 1978. Après des études de français et d’italien à l’Université de Cambridge il s’installe à Paris et poursuit sa passion pour la photographie. Depuis dix ans il partage son temps entre Paris et Londres. Son travail lui a valu de nombreuses récompenses en France, en Angleterre, aux Etats Unis… Ses projets sont cités régulièrement par L’Oeil de la Photographie, It’s Nice That, Colossal, Fubiz, Design Boom, The Times, Vice etc, et passent sur la BBC, ITV, Deutsche Welle… Ses séries sont le fruit de sa passion pour le trompe l’oeil, les jeux optiques. Avec Aerial Fashion il juxtapose en diptyque des images prises en hélicoptère avec des natures mortes de détails de vêtements. Un chemin de fer devient une fermeture éclair ; une dune, un pli dans un pull. Tennis Anamorphosis transpose un terrain de tennis dans une piscine abandonnée avec 2,5 km de scotch bleu, et met en scène des athlètes parkour dans ce décor surréaliste. Depuis 4 ans Joseph travaille sur la série Knitted Camouflage où il met en scène des gens habillés de pulls sur mesure, tricotés à la main, pour les faire fondre dans un décor urbain. Il a collaboré entre autres avec l’artiste M. Chat, qu’il a photographié devant un de ses propres graffitis.

Jérôme Mesnager  : 
Fils d’un ingénieur, né à Colmar, Jérôme Mesnager entre à l’école Boulle en 1974 où il suit une formation d’ébéniste et où il enseignera par la suite. En 1979, il suit les cours de bande dessinée d’Yves Got et de Georges Pichard, professeurs à l’École supérieure des arts appliqués Duperré.
Il est l’un des fondateurs, en 1982, de Zig-Zag, un groupe d’une dizaine de très jeunes artistes en « zig-zag dans la jungle des villes » qui décident d’occuper la rue en dessinant des graffitis et aussi d’occuper brièvement, le temps d’une performance artistique, des usines désaffectées.Le 16 janvier 1983, il invente l’Homme en blanc, « un symbole de lumière, de force et de paix ». Cette silhouette blanche aussi appelée « Corps blanc » ou « l’Homme blanc », Jérôme Mesnager l’a reproduite à travers le monde entier, des murs de Paris à la muraille de Chine.
En 1990, Jérôme Mesnager quitte la maison de son enfance, lieu de ses rencontres avec Jean-Pierre Le Boul?ch, siège de ses associations, atelier de ses premiers travaux, etc., pour emménager dans le XXe arrondissement de Paris. Il exposera une série de palissades sur le thème des combats à la galerie Loft, qui en éditera le catalogue.
En 1995, il réalise une grande peinture murale rue de Ménilmontant, dans le XXe, « C?est nous les gars de Ménilmontant » (rue de Ménilmontant et rue Sorbier).Mesnager réalise également une fresque rue Oberkampf à Paris en 2011. Il s’associe souvent avec Némo, dont le personnage fétiche est la silhouette noire d’un homme en imperméable coiffé d’un chapeau. À ce titre, il a participé au mouvement d’art urbain parisien (Blek le rat, Miss.Tic, Jef Aérosol, Némo, etc.) et à celui de la Figuration Libre au début des années 1980.
Parallèlement, il participe à des projets connexes tels que des pochettes d’albums pour La Rue Kétanou. En 2006, Jérôme réalise une série de toiles inspirées par l’art nouveau et l’art déco. La même année, il s’attaque à l’hôtel des Académies et des Arts à Paris dont il envahit l’espace avec ses Corps blancs. Les personnages de Jérôme Mesnager sont peints sur les murs recouverts de papier peint à effet de toile brute. Un géant blanc est logé également sur le mur de la cour intérieure peint en rouge vif et s’étend du rez-de-chaussée au 5eétage. Mesnager a peint dans les catacombes de Paris. Il a participé au M.U.R en janvier 2011.

Quelques photos : 

 




 


 

Photos : © Lemaître/MAUSA